Alger, Durand, Parlier ( Rues )

Comment l'arrivée du train fait disparaître un bras  du ruisseau "Les Aiguerelles"  et apparaître les rues Durand et d'Alger, point d’origine d’un quartier urbanisé. 

Au début du XIXème siècle la rue Durand et la rue d’Alger n’existent pas. Ce qui est actuellement leur croisement  est à cette époque  situé au milieu de vastes jardins. Pour les arroser,  des puits à roue remontent une eau peu profonde, les différents bras du ruisseau  « Les Aiguerelles » dessinant à cet endroit une sorte de delta.

 

Rue d'Alger


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Rue dDurand


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Rue Parlier


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Les propriétaires de ces terres sont alors de puissantes et riches familles : Durand, Levat, Parlier, Guinier…
Ce croisement réunit les deux segments de la rue d’Alger (son segment nord qui se termine à la Babote et son segment sud qui se termine rue du Grand Saint-Jean) et les deux segments de la rue Durand (son segment est qui se termine rue Pagézy et son segment ouest qui se termine au plan Laissac encore appelé plan de la Babote). Ces 4 segments et leur réunion  correspondent à différentes étapes de la construction  de ces deux rues qui sont à  l’origine de l’urbanisation d’un nouveau quartier.

 

Le percement des rues Durand et d'Alger
 
1ère étape : le segment est de la rue Durand
En 1824 la municipalité autorise les familles Levat et Parlier à réaliser le recouvrement de la portion du bras du ruisseau des Aiguerelles qui traverse leurs propriétés. Ainsi se dessine l'amorce d'une voie nommée "chemin" puis "rue Levat". Elle sera cédée gratuitement à la ville en 1844 par M. Parlier et M. Levat pour prolonger la rue Durand en formation. C'est aujourd'hui  la partie est de la rue Durand,  comprise entre la rue Pagézy actuelle et la rue d'Alger qui n'existaient pas encore.

2ème étape : le segment ouest de la rue Durand et le segment sud de la rue d’Alger
En 1838, la famille Durand obtient également le droit de réaliser le recouvrement de la partie de ce bras des Aiguerelles qui traverse sa propriété dans le prolongement du chemin Levat vers l'ouest jusqu'à  « l'Hôtel du Plan du Parc » situé devant la Babote.
La famille Durand obtient en même temps l'autorisation de construire sur le talweg recouvert. Ainsi s'amorce le segment ouest de la future rue Durand qui sera formée par la réunion des 2 portions recouvertes des Aiguerelles.
Simultanément la construction de la "gare de Cette" au niveau du n° 11 de l'actuelle rue du Grand Saint-Jean  rend nécessaire de créer des voies de desserte pour les voyageurs et pour les marchandises. La société en charge du financement de la gare doit donc également financer une artère  pour relier la gare à la ville. Ainsi en 1839 est construite la   « rue du chemin de fer » qui deviendra la « rue du Chemin de fer de Cette ». Elle part de la rue du Grand Saint-Jean au niveau de l'embarcadère de cette gare et fait un coude au niveau de la rue Durand pour rejoindre la Saunerie passant devant « l'Hôtel du Plan du Parc ». Cette importante auberge, également propriété de la famille Durand, accueillait les voyageurs et assurait un service de roulage pour les marchandises.
 Plus tard, cette voie privée fut cédée à la ville qui doit en assurer l'éclairage  et l'entretien afin de  permettre  la circulation utile pour le service du chemin de fer.

3ème étape : le segment nord de la rue d’Alger
Peu après, la construction d'une autre gare,  la « gare de Nîmes »,  à l’emplacement de la gare actuelle, va à nouveau bouleverser ce secteur. Il faudra percer une voie pour desservir cette nouvelle gare, ce sera la future Rue de la République traversant d'autres propriétés et nécessitant  la démolition de  « l'Hôtel du Plan du Parc ». Il apparaît alors évident que la « rue du  Chemin de fer de Cette » doit être prolongée en direction de la Babote à travers la propriété Durand. Ainsi en 1846, sur des terrains achetés à la famille Durand, le segment nord de la rue d’Alger est tracé faisant disparaître la forme coudée au profit d'une belle rectitude.

Nomination des rues
Des constructions sont réalisées le long de ces  nouveaux axes qu'il fallut nommer.
La famille Durand demande en 1849 que la rue qui passe devant ses immeubles porte le nom de ses ancêtres  Raymond Durand, homme riche et généreux, et Jean-Jacques Durand qui fut en 1790 le 1er maire élu de Montpellier. La  municipalité opte pour « rue Durand » sans plus de précision. Quant à la  « rue du chemin de fer de Cette », son  nom  étant devenu obsolète du fait de la réunion  des anciennes gares de Nîmes et de Cette en une seule gare, elle est appelée en 1848 rue d'Alger en hommage à l'Algérie colonie française à l'époque.


L’urbanisation des rues Durand et d'Alger
L’urbanisation de la rue Durand commence par les immeubles qui occupent les n° 4 et 6. Construits  par la famille Durand ils définiront le style de construction ainsi que l’alignement des immeubles de cette artère.
Le commerce du vin facilité par l'arrivée du train permet de grands profits. Les propriétaires récoltants et les négociants font construire de beaux immeubles de style haussmannien selon la mode de l'époque.
Ce sont des immeubles de rapport, avec des commerces en rez de chaussée.  Les habitations se déclinent du plus chic au plus modeste en montant les étages. Ceci est visible extérieurement encore aujourd'hui par la décoration des façades de plus en plus simple au fur et à mesure qu'on approche du toit.
Les habitants qui  s'installent dans ces rues trouvent sur place de quoi se nourrir : épiceries, boulangeries, boucheries, primeurs fruits et légumes Un volailler vend des poules blanches et leurs œufs.
Dans la rue Durand née de la prospérité liée au commerce du vin, un bar  propose uniquement des boissons non alcoolisées.....
Les passants  viennent chercher dans ces rues les produits dont ils ont besoin pour la culture de la vigne,  la fabrication et la conservation du vin. On vient aussi  fréquenter des administrations comme la Trésorerie implantée au n° 12 rue Durand.
Cette activité commerciale dynamique a évolué au fil des années  pour satisfaire les nouveaux besoins de la population grandissante de la ville  et s'adapter à la modernité. On trouve alors pharmacie, brasserie, laverie, coiffeur, plombier zingueur, bijouterie, réparateur de poupées, vente de postiches et location de déguisements... Le cordonnier se spécialise dans la fabrication de chaussures orthopédiques. Certains de ces commerces sont encore présents. D’autres ont  connu des activités successives. En 1966 la  société Montlaur installe  un supermarché rue Durand. La Trésorerie cède la place à  la société Pronuptia qui vend pendant un temps des robes de cérémonie de mariage avant que  différents commerces ne se succèdent à cet emplacement.
Ces rues entre ville et gare sont également  animées  par l’important trafic des voyageurs et des marchandises. L’arrivée de l’automobile et des transports par autocars continuera d’alimenter ce flux. La rue d’Alger devient une sortie de ville  en direction du sud et de l’ouest. Des autobus pour Lodève partent du « Café des négociants ».

Une particularité : les ateliers d'imprimerie
Au XIXème siècle, dans ces rues, on note la présence de nombreux ateliers d'imprimerie où   étaient édités en particulier des journaux d'informations professionnelles, politiques ou de loisir.
On trouve au 10 rue d'Alger une plaque témoignage de ce passé qui a perduré jusque dans les années  1980.

Avant « l'Eclair » puis « le Midi Libre » se trouvait à cet endroit un pensionnat ouvert en 1878 à l'initiative de Monseigneur de Cabrières  et remplacé en 1895 par une Maison d'Education. Cette école cohabita avec le Journal l’Eclair à partir de 1908 puis avec  le Midi Libre jusqu'en 1957.


LA RUE PARLIER

Jusque dans les années 1950,   il s'agissait d'un passage limité par des grilles fermées la nuit. Initialement ce passage était situé sur la propriété de la famille Parlier d'où son nom.
Lors de l'urbanisation de ce secteur avec l'arrivée du chemin de fer, des immeubles furent construits sur cette propriété. Les commerces et services offerts complètent ceux des  autres rues du quartier. On peut encore voir sur la façade de l'immeuble situé au n° 2 des traces de peinture indiquant la présence d'un atelier fabriquant des garnitures de voitures,  des sommiers et matelas. Au n° 8 le salon de coiffure a remplacé une entreprise de plomberie.
L'immeuble du gymnase et la résidence au n° 5 sont construits sur une parcelle où se trouvaient des locaux du Midi Libre installés dans  un immeuble occupé jusqu'en 1957 par une institution religieuse «  L'institut Saint-Denis ».
Le Midi Libre occupait également la parcelle située au n° 6 pour y loger les chevaux  utilisés pour le transport du papier et des journaux. La nuit, quand les grilles étaient fermées, le passage appartenait aux  chevaux libres d'y vagabonder.
Au départ de Midi Libre en 1980, l'animation intense liée à la fabrication d'un journal de grande diffusion a disparu, les artisans aussi sont partis. Le passage Parlier devenu Rue Parlier a été conquis par l'automobile et actuellement 2 grands parkings accueillent environ 300 véhicules.

Cette vie dynamique offrait aussi des loisirs : troupe de théâtre amateur, équipe de foot pour les jeunes...
Elle a progressivement décliné à partir des années 1970 : les administrations ont déménagé pour des locaux plus vastes et mieux adaptés comme la Trésorerie qui a quitté la rue Durand pour la Cité Chaptal, et la mode étant « aux grandes surfaces » en périphérie, Montlaur est parti à Lattes et les voitures ont envahi ces rues.

 


 

 

Publié dans La rue d'Alger

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