Le Dôme, brasserie

Installé depuis 1897, Le Dôme fait partie des institutions montpelliéraines.
Ce lieu chargé d'histoire, unique à Montpellier dans son style "brasserie parisienne" avec la bonne humeur méridionale en plus a su préserver au fil du temps son esprit d'ouverture et une clientèle variée et fidèle.

Une cuisine traditionnelle du marché avec ses portions copieuses et très abordables est servie midis et soirs.
Pratiquement pas un soir où il ne se passe pas quelque chose au Dôme.
Des cafés-débats avec le Café Philo tous les mercredis à 20h30, le Café Babel pour se rencontrer et discuter dans une langue étrangère tous les mardis soir, le Cafés de la Biodiversité les 1er jeudi du mois, le Cafés Citoyen, du théâtre, des expos peintures ou photos et bien d'autres choses encore pour vous nourrir le corps et l'esprit ...et les Diner-Concerts Jazz un vendredi par mois avec les plus brillants musiciens locaux ou internationaux.

  • Ouverture : Du 01/01/ au 31/12/  Fermé le : Dimanche
  • Langues parlées :  Français, Anglais, Catalan, Espagnol
  • Groupes acceptés (jusqu'à 50):
  • Accessibilité : Mobilité réduite
  • Animaux acceptés
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MÉMOIRES DU DÔME.


     Acquis en 1937, le Dôme est tenu par la même famille depuis trois générations (grand-père, père et fils). Le Dôme a d’abord été un bar puis un café avant de devenir une brasserie.
Dès 1960, le Dôme se distinguait par l’offre à ses clients d’une bière munichoise que le grand-père faisait venir de Paris. C’était la seule brasserie à Montpellier à proposer cette bière réputée ! Très bon cuisinier, il s’était investi dans les coquillages ; il travaillait avec plusieurs fournisseurs de l’étang de Thau. On pouvait déguster des huîtres et coquillages de septembre à mars. Le banc de coquillage était sorti le matin et rentré le soir. Pour les fêtes de fin d’année, M. P. J. se souvient d’avoir ouvert les huîtres avec son frère de 9 heures à 14 heures. Un long banc garni était installé devant la devanture du Dôme et était bâché le soir ; les gens venaient manger des huîtres en sortant de la messe de minuit. Le commerce des coquillages et huîtres était très contraignant et rigoureux en ce qui concerne leur conservation, pénible à cause de l’exposition au froid, du travail demandé par l’installation du banc, sa garniture et sa remise. Cette activité a couru sur plus de dix ans et prit fin lorsque M. P. J.  succéda à son père, n’ayant pu trouver un partenaire vendeur de coquillages qui lui assurerait la qualité et la fiabilité des produits. Jusqu’à 1960, la tenue des garçons de café était composée classiquement d’un pantalon noir, une chemise blanche, une cravate noire ou petit nœud papillon et une veste blanche, voire un grand tablier noir. Au fil des ans, la tenue est devenue libre mais le port de la cravate est maintenu.
Les premiers travaux à l’intérieur du Dôme ont eu lieu en 1965 : rabaissement du plafond, installation des pavés lumineux, du tube fluo et d’un comptoir en imitation bois, remplacement des tables et des chaises en bois par des fauteuils en Skaï. Une deuxième tranche de travaux a modifié la disposition du bar et une mezzanine a été installée. La terrasse couverte a été aménagée en 1960. Du temps du père, la brasserie était ouverte même pour les fêtes. Sous M. P. J. la fermeture exceptionnelle du 15 août, une année, devint régulière ainsi que pour les jours fériés et jours de fêtes. Il se souvient de cinq clients attitrés qui se retrouvaient tous les jours, de 17 à 19 heures pour parler de tout et boire des pichets de bière. On ne voit plus ce genre de clients.
La presse était installée dans le quartier de la gare ; deux journaux ayant collaboré avec l’Occupant disparurent au lendemain de la guerre, remplacés par « La Voie de la Patrie » et le « Midi Libre ». « La Voie de la Patrie » n’ayant pas un fort tirage disparut peu de temps après.
Mme Danièle Mitterand a mangé au Dôme et a complimenté M. P. sur la qualité du repas. Au coin de la rue Clémenceau, du côté de l’église, était un kiosque de friandises faisant la joie des élèves à la sortie de l’école.
Avant et après les messes d’enterrement à l’église Saint Denis, les consommateurs étaient plus nombreux, alors qu’ils se faisaient rares à la sortie de la messe du dimanche. Le cinéma Rex, par contre, a drainé beaucoup plus de clients : en effet, les spectateurs venaient prendre une consommation après le film mais certains venaient aussi pendant l’entracte !
La gare de fret a été importante pour le commerce et le bétail. Avant l’apparition des bétaillères, on voyait les troupeaux de chevaux quitter le wagon, traverser la ville pour être menés à leurs écuries par des chevillards. Il existait deux écuries derrière le Dôme. M. P. J. a vu les commis amener les chevaux par le licol à l’abattoir aux Beaux-Arts, qui a depuis disparu. La traversée de la ville par les bœufs ou veaux, allant à l’abattoir, a longtemps posé des problèmes à la municipalité. Des incidents jalonnent les débuts du XXème siècle et de nombreuses nuits ont été de véritables corridas. Ensuite, le transport par camion a réglé ce type de problème. Il existait une société de producteurs qui possédaient plusieurs boucheries en ville (dont une dans les halles Laissac). Ils avaient une pancarte sur laquelle était écrit « Plateau Central » pour promouvoir la vente directe du producteur au consommateur. (In Montpellier naguère. 1845-1944. Mireille Lacave ; Éditions Payot. Collection « Mémoires des villes » 1981) L’abattoir de Montpellier a été fermé, seul Nîmes a conservé le sien.
Les rues étaient pavées et l’on sablait le cours Gambetta les jours d’apparat pour que les chevaux de la Garde Républicaine ne glissent pas. Toute la ville était pavée. Le lait était livré et vendu au détail ;  le vendeur, portant un tablier, annonçait son passage et les gens venaient jusqu’à sa carriole avec leur pot au lait. Le Dôme lui en achetait pour le revendre. À côté de la brasserie, une étable vendait le « bon lait », livré directement par la Compagnie de Bon Lait.
M. P. J. a connu des livraisons comme celle de l’eau minérale, faite par un hippomobile. Vers la Toussaint, une foire aux ânes se tenait aux Arceaux : le cheval et les ânes étaient les premiers moyens pour le déplacement. Il se rappelle l’image de la première publicité des vins du Postillon : un attelage de six chevaux guidés par un cocher de rouge vêtu. Le tramway existait déjà pendant la guerre.
Il raconte que, au cours d’un Tour de France, devant l’église Saint-Denis, la roue du vélo d’un cycliste s’est encastrée dans les rails du tram, entraînant une chute en cascade dont celle de Fausto Coppi qui a dû abandonner pour cause de fracture.
Il a constaté qu’un « pilier de bar » reste pilier du même bar et lui reste fidèle ; les quelques clients de l’établissement de son frère qui venaient occasionnellement au Dôme lors de la fermeture de l’établissement pour travaux n’ont rien à voir avec les siens. Il a également constaté qu’un quartier vit sur des flux : une personne qui emprunte la rue Rondelet prend rarement la rue Clémenceau et réciproquement.
Par amour de la peinture, M. J. P. a fréquenté les expositions de groupes d’artistes peintres et leur a proposé son établissement comme lieu d’exposition. C’est ainsi que des artistes peintres locaux ont accroché leurs œuvres le temps d’une exposition et ont pu ainsi se faire connaître des clients qui fréquentent l’établissement. Actuellement, le Dôme perpétue cette offre.
M. P. J. a connu Marcel Denamiel. Le père de ce dernier, Antoine, parcourait au début du XXème siècle l’Afrique à la recherche de cafés et d’arachides pour le compte de chargeurs avant d’ouvrir sa boutique. En 1924, Marcel prend le relais ; il devient torréfacteur et fournit les grossistes de la région. En 1926, il crée la marque « MEXICQ », c’est un grand succès. Mais c’est son gendre, Jacques Vabre (1921-1997) qui donna une véritable impulsion à l’entreprise : en 1968, il lance sa marque « Jacques Vabre » et la même année, le premier café moulu sous vide français.  L’entreprise commercialise ses produits sous divers noms et implante son usine à LAVERUNE dès 1969. En 1970, Jacques Vabre est la première marque de café à communiquer via le petit écran. En 1974, il lance le café soluble et en 1985, c’est la pub « EL GRINGO » dans laquelle l’expert du café refuse d’acheter les récoltes médiocres aux  grains de mauvaise qualité. En 1990, la marque est reprise par un groupe agroalimentaire étranger mais l’usine de torréfaction est toujours active à Lavérune. (In Etonnantes histoires du Languedoc Roussillon. Catherine Guennec. Jean-Jacques Delattre. Edition Du Donon)

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Les lieux remarquables

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